Le mouvement contre la douleur


1.1. Le mouvement contre la douleur


La douleur est définie comme une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite dans des termes évoquant une telle lésion, la douleur est un phénomène subjectif complexe et multidimensionnel.
Le message douloureux est véhiculé par la voix extra-lemniscale par les fibres de petit calibre Ad et C ; il rejoint la corne postérieure de la moelle épinière. Ce message douloureux va être inhibé par un influx qui provient de la voie lemniscale constitué par des fibres de gros diamètre A a et A b.
De plus les récepteurs spécifiques de la voie lemniscale sont mis en jeu à partir de sensations tactiles ou des sensations d’origine articulaire.
On en conclut que le toucher ou le mouvement d’une région douloureuse peut partiellement ou complètement interrompre le message nociceptif. Ce phénomène a été étudié par Melzach et Wall en 1965 et nommé le « gate control ».

Certains travaux suggèrent que les neurones de la voie pyramidale exercerait également un contrôle inhibiteur des afférences nociceptives médullaire. D’autres travaux évoquent des phénomènes de sensibilisation à la douleur induite par la répétition des influx nociceptifs et la plasticité neuronale, tant à l’étage médullaire que cérébral.
De plus les sites opaciés endomorphiques qui libère des substances morphino-mimétiques(endorphines et enkephalines) semblent être activés par l’activité physique. Des dosages réalisés dans le liquide céphalorachidien de certains malades lombalgiques chroniques retrouvent un taux d’endorphines anormalement bas.

Ces notions illustrent l’influence inhibitrice des influx sensitivo-moteurs générés par le mouvement sur les messages nociceptifs.

1.2. Intérêt de la cinématique sur les tissus mous peri-articulaire


Le disque intervertébral :
Le disque est avasculaire et non innervé, sauf dans son tiers périphérique. Seules les propriétés tixotropiques des gels qu’il contient assure sa nutrition. Lors des mouvements du tronc des cycles de compression-étirement exercent cet effet tixotropique sur le disque qui lui permettent de conserver une bonne hydratation discale.

Ainsi les disques résistent bien à la translation et à la compression si la nutrition du disque est suffisante pour apporter une bonne hydratation.

Il s’avère que la nutrition discale est moins efficace en période d’immobilisation relative et de non-sollicitation.


L’os vertébral :
Le décubitus prolongé provoque une diminution de la densité osseuse (6% en deux semaines). Le mouvement empêche l’appauvrissement du capital minéral.


Les facettes articulaires postérieures :
La lordose lombaire entraîne les articulaires postérieures en convergence et entraîne une stabilité rachidienne passive. La divergence articulaire est provoquée par la cyphose lombaire qui met en tension le système capsulo-ligamentaire. La mise en jeu de ce système influence par voie réflexe la musculature rachidienne postérieure qui règle son état de tension.

Comme pour les disques, les défauts de mouvement et les excès de contraintes altèrent leur trophicité.


Les systèmes musculaires et ligamentaires :
Ils sont indissociables car ils interviennent étroitement dans la stabilité et la mobilité du tronc.

Les ligaments d’une articulation donnent une information sensorielle aux muscles qui vont guider et contrôler un mouvement précis.

L’entraînement en endurance améliore la capacité à répéter les mouvements purs et biens conduits ; cet exercice limite les mouvements incontrôlés du rachis en flexion, inclinaison et rotation qui sont dangereux pour le disque et les articulaires postérieures.

Le fascia thoraco-lombaire est responsable de l’efficacité du système musculaire mis en jeu dans des exercices de freinage de l’antéflexion et le redressement. Le mouvement entretient la qualité visco-élastique résistante de ce fascia.



1.3. Le déconditionnement et la lombalgie chronique.

Ces deux notions sont étroitement liées.

Le lombalgique chronique a peur d’exacerber ses douleurs, de faire un épisode aigu, et il va donc s’intégrer dans une inhibition générale. Il va diminuer ses activités de la vie quotidienne et sous utiliser son potentiel biomécanique aboutissant à : Une perte progressive du schéma moteur correct ; une impotence fonctionnelle croissante. Le lombalgique s’enferme progressivement dans une prison fonctionnelle pour glisser dans un syndrome de déconditionnement qui associe :

-une perte de flexibilité( douleur, raideur articulaire, ligamentaire et musculaire).

-une incompétence musculaire(les muscles extenseurs sont très affectés et l’attitude rigide associée au stress limitent les capacités de force et de coordination.)

-une réduction des capacités fonctionnelles.(facteurs physiques, psychiques, sociaux et professionnels)

-Un déficit d’adaptation à l’effort. (Réduction des capacités cardio-respiratoires).


Ainsi le déconditionnement aggrave les facteurs de la lombalgie chronique.

Lutter contre le déconditionnement diminuerait-il ces facteurs ?….

RUIZ Sébastien, Masseur-kinésithérapeute, Ostéopathe.


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